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Crie-le | Vanessa Racine

Crie-le, stp.

Mon amie, tu vis des moments rough ces temps-ci, je le sais. Autour de toi, tu entends des « pense pas à ça », ou des « ça va passer ». Ils ne comprennent pas nécessairement tes cris d’alarme. J’ai le goût de te dire que c’est okay que tu ressentes ça, et même que tu dois le crier haut et fort. T’as peut-être juste besoin de t’isoler ces temps-ci, mais il faut que ça sorte.

Tu veux plus rien, tu veux seulement hiberner dans ta chambre jusqu’à la fin de l’hiver, ou jusqu’à la fin tout court. Ça te ronge, ça te prend, ça te tue à l’intérieur. Ça pourrait le faire pour de vrai. Mais tu vas pas te rendre là, tu vas pas te rendre à la corde, même si tu y penses. T’as ben mal, tu peux plus, je le sais.

Tes mots sont pognés dans ta gorge, incapables d’en sortir, incapables de former une phrase cohérente. Tu cherches une façon de faire sortir ton mal, tu ne peux plus le supporter. Ça te déchire le cœur à chaque respiration. Chaque bouffée d’air te rappelle que tu es toujours vivante. Tu veux plus, tu peux plus.

Je veux te dire que je suis là pour toi, t’as pas à être forte tout le temps toute seule. Je suis là, je suis ton épaule, ta béquille, tout ce que tu as besoin, T’as besoin de crier, de pleurer? Vas-y, ça me fait pas peur. Je vais pleurer avec toi. Je vais te prendre dans mes bras jusqu’à ce que la tempête se calme. Tu es à boute, alors crie-le de toute tes forces. Je les aime pas tes mots, j’aime pas imaginer la fin avec toi. Mais je vais rester, aussi longtemps qu’il faudra. Ce qui est pire est de tout garder et de le vivre seul. On peut pas faire ça seul se calmer, reprendre le goût à la vie. Ça prend des bras qui nous entourent, une présence qui met un peu de douceur dans notre noir.

Je ne te dirai pas que tu vaux de quoi, que j’ai besoin de toi. Ce n’est pas ça que tu veux entendre, je le sais. Je te dirais encore moins que tu dois penser à ta famille, tes amis.  Je vais juste rester là.

Ça arrive de tomber de haut, c’est correct, on est tous humains. On tombe tous. Ce qui n’est pas correct est de le garder pour soi, de se mettre sur mute et de le vivre seul. La crise va passer, je te promets. Tu ne vas pas le croire, mais je vais y croire pour toi, aussi fort que je le peux. Je vais être là jusqu’à ce que le soleil revienne. Je te lâcherai pas.

J'ai écris ce texte-là un soir, après avoir pleuré longtemps avec toi. Je cherchais une façon de mettre des mots sur ce que tu vivais, je lisais sur le sujet un peu partout. On ne sait pas toujours quoi dire, ça nous rend toujours un peu mal à l'aise de parler de la fin quand on ne la souhaite pas. Je voulais te dire que j'étais là. Et quelques jours ensuite, la nouvelle est arrivée comme un gros coup de vent. En mémoire de toi, Jo. Et pour ceux qui souffrent aussi en silence.

Vanessa Racine



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