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Différente | La Fille

Je me suis toujours sentie différente des autres, certains diront que ma situation familiale n’était pas la plus facile, d’autres m’accuseront de vouloir moi-même me rendre la vie plus difficile due à mon look vestimentaire ou par les nœuds que j’ai dans mes cheveux.

N’empêche que oui, je choisis d’être différente parce qu’au fond, je le suis ?!

Outre mon apparence, mes idéaux sont eux aussi tout autant extravagants que ma personne. J’aspire à une vie qui est « plus » que de vite terminer mes études, vite me trouver un bon emploi, vite avoir la maison, vite avoir les enfants, le parfait copain, les voyages, la banlieue, les partys de famille, les partys d’amis, le blabla quotidien : ton travail, ta famille, la routine, AAAAHHHHHH!!!!

Quand prend-t-on le temps de vivre entre tous ces beaux projets que la société ta si bien érigée dans la tête?

Je dois avouer que vivre une vie déjà préétablie semble être une bonne solution pour un bonheur assuré, c’est tellement moins compliqué de ne pas réfléchir. Parfois, j’aimerais ça être une imbécile heureuse…

Après deux dépressions en 5 ans, j’ai appris à juste vivre ou plutôt survivre.

Imagine-toi te réveiller tous les matins pendant 3 mois et ne rien ressentir mis à part du désespoir.

Chaque soir, tu te couches en pensant que demain ça va aller mieux parce que tu essaies de te convaincre que c’est seulement une phase, que ça va passer et les gens te diront que le meilleur remède est le temps (ce qui est vrai…ça va passer, mais maudit que c’est long).

Tu décides de prendre des antidépresseurs, qui eux au moins, te gèle tellement que tout est rendu fade : la nourriture est fade, la musique que tu aimais est rendue fade, ton rire est fade, tes conversations sont fades, tes loisirs sont fades, le sexe est fade…bref, tout ce que tu aimais faire, tu ne le fais plus.

Pourquoi me dépêcher à vivre, à finir mes études, à travailler plus de la moitié de ma vie, à épargner (parce que oui rendue à 29 ans ça commence à presser, tout comme les bébés, la maison et la belle vie) si au bout du compte c’est juste la prochaine dépression qui me guète !?!

Personne n’a le temps pour être dépressif; les factures, les engagements, les dettes, le travail, l’école, etc. tout ça continue… Mais toi, s’il faut que tu prennes le temps de te reposer!? C’est quoi cette urgence de vivre qu’ont les gens?

Prends le temps de vivre plutôt, prends le temps de te reposer quand tu feel pas et prends le temps de t’écouter.

Si tu te sens différente, c’est peut-être parce que toi aussi tu l’es et TU AS LE DROIT! Le droit de ne pas vouloir sortir, le droit de ne pas avoir envie de voir tes amis, le droit de vouloir rester dans ta chambre, le droit de benchwatcher DragonBall ou Friends pour la millième fois, tu as le droit de prendre toutes les «béquilles» nécessaires pour pouvoir un bref instant te sentir mieux.

Tu as le droit d’être en colère après la société, tu as le droit de pleurer, mais tu as aussi le droit de sourire ou de rire même si tu crois n’avoir aucune raison valable pour le faire ou que tu crois que tu ne le mérites pas.

Finalement, c’est peut-être « nous » les dépressifs qui ont la meilleure vie, car notre maladie nous demande d’être authentique, mais le plus important c’est qu’elle nous apprend à mieux vivre, je crois.

                                                                                      La fille



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