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À toi, la personne qui lira ce texte | Audrey Robert

À celui ou à celle qui se reconnaitra dans ces lignes. À celui qui ne comprendra peut-être rien, à celle qui comprendra. À ceux que ça aidera.

Je n’aime pas utiliser le mot "maladie" pour définir l’état de mon mental.  Je déteste reprocher toutes mes actions à cette "maladie".

Ce qu’il faut comprendre, et là je parle pour ma part, c’est que je n’ai pas le choix.

Je n’ai pas le choix de vivre avec ça. Non, c’est vrai, j’ai rien demandé.

Je n’ai jamais demandé tout ce qui peut m’être arrivé dans la vie pour me rendre ainsi.

Je n’ai jamais demandé à cette femme qui m’a porté dans son ventre de m’abandonner et de "scraper" mon mental.

Je n’ai jamais demandé toutes ces envies suicidaires et les tentatives.

Par contre, je n’ai jamais demandé à ce qu’on m’accepte, et on m’accepte.

Je n’ai jamais demandé à ce qu’on me supporte, et j’ai du support.

Je n’ai surtout jamais demandé à ce qu’on m’aime, et on m’aime.

J’ai longtemps nié la "maladie". Je me suis dit que c’était de la merde et que je n’avais pas besoin de médicament. Que ça devait être facile de se lever le matin et de bien se sentir et de passer une bonne journée. Parce qu’en grandissant on m’a toujours dis : "tu sais fille, dans la vie, tu as toujours le choix". Donc, j’ai fait ça moi, pas prendre de pilule. Parce que, j’avais le choix, je me donnais le choix

J’ai donc pris la décision de toute crisser en l’air. Sans même prendre connaissance des répercussions que ça aurait.

En commençant très lentement à m’empoisonner, le négatif prenait le dessus. Les pensées noires envahissaient mon quotidien.

Même si mes proches me disaient que je devais recommencer ma médicamentation, pour mon bien et celle de ma famille, l’orgueil de vouloir être "normale" avait pris le dessus.

On dira ce qu’on voudra moi, j’allais bien.

Je faisais des crises d’anxiété et de panique ici et là. J’étais devenue agressive physiquement et mentalement. Mais "ce n’est pas de ma faute, c’est ma maladie", "je suis de même et ça ne changera pas".

Dans le fond, c’est moi qui ne voulais pas changer. Je ne voulais pas aller mieux.  Je m’étais trouvé une certaine zone de confort dans mon délire. Ma zone de confort par contre, me blessait et blessait les autres terriblement.

Elle me rendait malheureuse, fatiguée, lâche, méchante…  mais j’y trouvais quand même un certain bien-être là-dedans. Moins j’étais bien, plus que je m’enfonçais. Toujours avec le contrôle et la tournure négative.

Je me disais quand même que j’étais tanné de la vie, que de vivre c’était de la merde, clairement, je n’allais pas bien.

Un jour j’ai frappé un mur. Je dis un jour, mais ça c’est sur un an que ça c’est étalé.

J’ai atteint le fond, et pourtant, j’avais tout, presque tout pour moi ; une merveilleuse petite puce de un an, un chum qui aurait décroché la lune pour moi, une jolie maison dans ma petite ville natale, une job, etc.

J’avais presque tout, sauf ma santé mentale. Elle je ne  l’avais pas entretenue. Je l’ai même maltraité. Je l’ai ignoré et je l’ai laissé prendre le dessus de moi. Elle m’a presque couté ma vie, elle a presque détruit celle de ma fille. Elle à par conter réussi à me briser, en deux. Briser ma famille, mon cercle d’amis, la confiance que mes proches avaient en moi… Elle m’a brisée.

Quand je dis elle, je veux dire que je me suis brisée. J’ai laissé tout ceci m’écraser, me piler dessus. J’ai permis à mon trouble de personnalité limite de prendre contrôle de ma vie, de mes actions. J’ai laissé la maladie envahir mes pensées positives et les transformer en négatif. Je lui ai laissé ma vie entre les mains. Je lui ai fait confiance comme jamais je ne m’étais fait confiance. Elle m’a démolie.

Lorsqu’on est démoli, on peut se reconstruire. Lorsque cette maladie te garroche par terre, on peut se relever. Tout dépend de soi.

Moi, Audrey Robert, je me suis écoutée, pour la première fois, à 25 ans.

J’ai accepté de vivre avec ceci. J’ai appris qu’une fois soignée et bien dans ma peau, ça pouvait être une qualité, ma maladie. Que ça me donnait l’extravagante personnalité attachante que j’ai.

Que ça me permettait de m’aimer moi pour ensuite aimer mes proches.

Ça me donnait confiance en moi, ça me permettait de remercier la vie de m’avoir laissé une autre chance.

J’ai des hauts et des bas, des moments plus sombres que d’autres, ça fait partie de l’état de mon mental. Je ne serais pas guérie à jamais, mais je l’accepte avec toute la place qu’elle peut prendre dans ma vie.

Audrey Robert

 



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  • Steph le

    <3

  • johanne le

    TOI MA PETITE AUDREY tu viens tout simplement de me faire brailler…..Si jamais tu as besoin de parler tu sais très bien que je serait toujours la pour toi, je t’aime ma choupetta…..


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